L'ART DE VIVRE

L'année qui vient de s'écouler n'aura jamais autant montré nos aspérités comme nos aspirations, nos frictions comme nos unions, nos séparations ou nos chemins de paix. C'est que vivre est un art. Et nous en sommes les artisans, les créateurs, les auteurs et les acteurs. Si l'on vient au monde par la magie de cellules qui s'enclenchent sur un plan physique, nous créons ensuite à chaque seconde, consciemment ou inconsciemment, notre vie. Nous sommes les accoucheurs de notre propre destinée, à chaque pas en renouvellement. Au fond, nous sommes des magiciens, des alchimistes en puissance !


La vie est-elle écrite, telle une partition, ou est-elle une improvisation au gré de sa fantaisie ? Peu importe, me dis-je. L'interprète que je suis sais à quel instant, même en suivant une musique écrite dans un autre temps, un autre lieu, suffisamment connectée à un absolu, celle-ci se recrée en permanence, chaque jour différemment et avec toujours autant d'actualité. À l'opposé, en laissant parfois courir ses doigts sur un clavier, sans réelle conscience, l'on reproduit inlassablement les mêmes mécaniques inconscientes d'harmonies mille fois rejouées... J'ai toujours trouvé fascinant de ressentir à quel moment je me sens libre d'un texte ou d'une improvisation à un certain moment de connaissance de l'oeuvre et à quel moment je me sens emprisonné, enfermé, limité par l'ignorance. Ce n'est jamais l'objet extérieur mais mon ressenti et ce qui le génère : ma relation avec cet extérieur.


Alors, plus la musicienne que je suis avance sur ce chemin de la vie, plus je prends conscience combien vivre est un art.


Le nombre grandissant de demandes en thérapies (hypnose, sophrologie, communication non-violente, programmation neuro-linguistique, coaching, soprho-analyse, psychologie, constellations familiales, réparation somato-psychique et mille autres techniques) démontre, s'il en était besoin, à quel point chacun de nous tend à devenir le virtuose de sa propre vie, le savant de ses mécanismes, le maître savant intérieur autant que le discipline en son domaine le plus quotidien : soi-même.


L'on peut bien observer le monde autour de soi, à 360 degrés, faire un tour sur soi-même et contempler l'univers. Cette contemplation aura toujours lieu depuis un seul et unique centre : soi-même. Il n'y a là rien de narcissique ni d'égoïste, au contraire. Essayez donc de penser (ou ressentir) en-dehors de vous-même, en dehors de votre conscience ! Tant d'amalgames ont créé des structures totalement bornées, complètement tordues, à l'image de ce que cet extérieur aujourd'hui nous reflète du monde : un déséquilibre profond. Et encore ! Voilà ce que je perçois, moi, humblement, quand certains sages observent avec calme et discernement ce même monde : la souffrance n'est que la première étape de la connaissance, le chaos celui d'une ignorance de son agencement intrinsèque.


Il faut parfois attendre des années de relations défectueuses avec son entourage, du plus intime au plus global, pour commencer à s'intéresser enfin au tout premier rôle de ces scènes à répétitions : soi-même. Il faut parfois des siècles de guerre et de famines pour se poser des questions sur le système en lui-même. "Faire retour" comme disait Jésus en parlant de Yeshua. Au final, le Messi tant attendu n'est-il pas en nous lorsqu'enfin nous nous reconnaissons nous-même, ce mouvement vers la présence en nous ?


C'est alors que ces explorations nouvelles nous font traverser des chemins de traverse, des aventures parfois inconfortables mais toujours révélateurs de trésors qui en deviennent source de joie, un jour. La liberté ne peut, par essence, être innée. Elle se doit, selon sa définition, d'être choisie. Lorsque l'on apprend un instrument ou le maniement de toute discipline qui part d'un élan profond, intérieur et personnel, il n'est pas de plus grand bonheur que cette évolution en elle-même, au coeur du talent d'être nous-même et d'en découvrir chaque jour la richesse infinie.


Si nous nommons seulement certai