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FAITES PARLER VOTRE COEUR !

  • Hélène Tysman
  • il y a 3 jours
  • 5 min de lecture

 On ne parle bien que de ce qui nous touche.


Car quoiqu’on dise, c’est toujours de soi que l’on parle. Que je dise « on », « nous » ou « toi ». Pointant d’un doigt le monde quel qu’il soit, mes trois autres doigts se dirigent vers moi. Au fur et à mesure je n’écoute plus de la même manière. Pourquoi untel veut vous parler de son idole, fut-ce Napoléon, un agriculteur du Morbihan ou Chopin ? Pourquoi tel autre veut vous convaincre de détester celui-là ?

 

Parce que nous ne parlons que de nous.

 

Et c’est une bonne nouvelle ! À condition de savoir l’écouter. De savoir reconnaître ce phénomène. L’accord d’un instrument… parfois juste, parfois désaccordé quand un piano cherche à ressemble à une trompette – et inversement.

 

Rien n’est plus émouvant qu’un être humain qui parle depuis son cœur. Depuis ses tripes. Son âme. Parfois on appelle cela « de l’art », en littérature, en musique, en peinture… parce que cela semble unique, singulier. Un monde nouveau. Pourtant, plus l’autre me parle depuis le plus profond de son être, plus cela résonne avec le mien. Et je nous sens « pareils ».

 

Nous avons si bien appris à imiter ces figures d’autorité. De grands personnages. Ou nos parents, que nous les aimions ou non, dans l’influence nécessaire de notre jeune âge. Des mimiques, des tics et des toques, de langages, de gestes, de soupirs. Des réactions. Et c’en est fait. Nous ne parlons plus à partir de nous-mêmes mais d’un apprentissage extérieur. D’un personnage. Avant l’action, la réaction.

 

Il faut alors traverser ce qui n’est pas soi, accepter de le lâcher. S’en désencombrer. Pour accéder à cet endroit : « je suis ». Rien d’autre. Pas « je dois », « il faut », « ça fait bien ! ». Non. Il existe une voix qui ne répond ni ne réagit à rien. Elle est. Elle ne prouve pas. Elle n’a rien à protéger. Elle a toujours existé et existera toujours.

 

Cela n’empêche pas de s’amuser de nos personnages et de nos apprentissages qui nous permettent aussi de comprendre, de jouer, d’expérimenter la vie sous toutes ses formes. Et comment pourrions être autrement qu’influencés ? Influençables ? Des piles à apprentissage, c’est ce que nous sommes. La sagesse, elle, nous offre de discerner ce qui est notre véritable voix, ce qui vient de notre cœur et ce qui est un conditionnement. Ce qui cherche à faire « comme » … Du mental. Un brouhaha interne pour cacher certaines peurs, surtout certaines croyances ! Lorsque le brouhaha prend trop de place, il donne ces sensations d’un monde trop bruyant. Chaque bruit, chaque soubresaut extérieur semble de trop. C’est qu’à l’intérieur, il y a eu trop de trop.

 

Il m’apparait, au fil de mon expérience de thérapeute et coach, que l’essentiel des peurs se trouve dans la croyance du manque, de la séparation, de l’absence. De la perte.

 

Lorsque, nourrisson, nous devions pleurer pour être nourri, c’est-à-dire survivre, il y a eu, forcément, certains moments où nos pleurs n’ont pas reçu de réponse immédiatement. À cet instant, instinctivement, inconsciemment, nous avons eu peur, et pour y mettre de la compréhension, nous avons cru que l’Autre, gardien de notre survie, pourrait ne pas être là. Nous avons crié de lus bel. Et parfois ces cris ont fini enfouis, silencieux mais toujours virulents, dans le ventre... Plus tard, cet « Autre » gardien de survie prend toutes les formes possibles : l’amour, l’argent, le succès, la reconnaissance, le temps, le savoir, la réputation, la liberté… que sais-je ! Un symbole. Tout objet sur lequel nous projetons l’idée d’une sécurisation, d’un bonheur, du sentiment d’être comblé. Notre fameuse croyance du nourrisson. Ce n’est plus une envie (en- vie), c’est un besoin. Une exigence de « soin ».

 

En réalité il s’agit de la fameuse « complétude » dont parle l’étymologie du mot hébreu shalom qui signifie « paix ». Je suis en paix quand je ressens ma complétude. Qu’il ne me manque rien. Mais à quel moment ai-je arrêté de m’en rendre compte ? Tyrannisée par ma peur, sans vouloir la rencontrer, elle me guide, elle me crie de veiller sans relâche à chercher ce qui manque pour ne pas vivre ce manque. L’absurdité ! Mon esprit n’est plus qu’obnubilé par ça…

 

Le trompe l’œil vient peut-être de cette fameuse nuit où, bébé, j’ai eu peur, non pas de ma peur, mais du fait que celle-ci ne soit pas entendue. Une fois conscient, peu importe à quel âge (et ne serait-ce pas formidable de l’éveiller chez les plus jeunes ?), je peux écouter moi-même cette peur et ne plus avoir peur qu’elle ne soit pas entendue.

 

Peu à peu, dans l’histoire de notre humanité, nous avons cru être séparés, déracinés, coupés… de notre propre cœur ? Du sacré, certainement. Du divin, diraient certains. De cette voix au plus profond de nous-mêmes.


Le jugement, c’est ce qui divise. L’amour ce qui rassemble. À force de division, c’est en soi-même que nous nous sommes insécurisés et que nous avons fini par craindre le noir, la nuit. Craindre notre propre peur. Désabusés. Comme si, en cas de peur, j’en serais englouti. Comme si la peur était plus forte que l’amour.

 

Ainsi le monde devient une masse géante toujours en quête de quelque chose qui lui manquerait. Combler cette absence. Courir pour remplir… cette croyance.

 

« Au lieu de passer par l’objet pour accéder à ma joie, comme dit le sage, et si j’accédais directement à ma joie sans passer par l’objet ? »

 

Mais bien sûr le monde est un théâtre ! L’humanité est une histoire que nous inventons et tissons tous ensemble entre ombre et lumière pour mettre en relief nos contrastes, nos mystères, notre émerveillement.

 

Et bien sûr que si je parle de cela aujourd’hui, si je vois ça du monde et que je ne trouve rien de plus important à exprimer, là maintenant, c’est que cela me touche. J’essaie d’en partager l’essence, ce qui vibre en mon cœur.

 

J’observe à quel point ce que je vois est ce que je crois. À chaque instant. En chaque endroit. Peu importe la religion, la conviction, la science. Le quantique nous l’a prouvé depuis un siècle. Les sagesses millénaires nous l’avaient déjà transmis. Et les artistes nous le rappellent, sans cesse : ce que je vois du monde est ce que j’en invente. L’imaginaire. Un songe. Mon esprit ira porter son attention sur certains éléments pour en interpréter une certaine histoire en cohérence avec ma croyance. Et mon voisin aura une tout autre croyance, un autre monde. Mais au-delà de l’objet de nos croyances, nous nous apercevrons que nous procédons de la même manière, toujours…

 

Alors, percevant cela de plus en plus, non pas l’objet mais la mécanique qui me fait voir l’objet, cela me fait sourire, rire… d’un rire joyeux ! Du cœur. Léger. C’est la véritable pépite retrouvée. Révélée. Un enfant sait très bien qu’il vient de dessiner une marelle et s’en amuse d'autant plus, pour y croire un instant.

 

S’il y a un vœu que je me fais à moi-même en ce début d’année, c’est celui d’entendre le cœur des gens. Et de laisser parler le mien. Je sais qu’ils se répondent et qu’ils forment une musique d’une richesse sans nom. Et puis il y a le cœur des végétaux, des minéraux, des animaux… et l’artiste qui : « alors on danse » !

 

Bonne année 2026 à tous !


 


 




photo by Lou Sarda©

 
 
 

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