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LE PUBLIC EST-IL "POUR" OU "CONTRE" ?

Je ne parle pas ici d'une décision politique ni d'un vote actuel et toute ressemblance avec un fait réel serait fortuit...


Non, je fais plutôt allusion à ce que la chanteuse, Renée Fleming elle-même avouait, lorsqu'elle disait avoir littéralement "switché" sa peur de la scène en comprenant que le public n'était pas "contre" elle mais "avec elle".


Transposé sur le plan de nos vies en général, cela pose une question fondamentale, si ce n'est LA question, l'unique, qui, en soit, implique peut-être même l'existence - ou non - de Dieu, c'est-à-dire du divin. Albert Einstein l'avait exprimé ainsi, lorsqu'après ses innombrables découvertes et interrogations sur la vie, il conclut que la seule question réellement importante à se poser était la suivante : "l'univers est-il pour ou contre moi ?"


Prenons un instant pour observer nos mécanismes du quotidien.


À chaque instant, est posé, le plus souvent inconsciemment, un postulat. Consciemment cela prend l'apparence de nos multiples jugements intérieurs : sur le gouvernement, sur des horaires de train, sur les professeurs de nos enfants, sur l'employé au guichet de la poste... Tant de fois dans nos journées, nous posons l'idée ouvertement déclarée qu'untel conspire à notre réussite - ou à notre perte !


Mais plus inconsciemment, qu'en est-il ? Qu'en est-il de ce que, au plus profond de moi, je nourris, quand je vis aux côtés de mon conjoint ou de ma conjointe ? Est-il / est-elle mon allier ou une opposition potentielle ? Qu'en est-il lorsque je regarde le ciel pour en déterminer la météo ? Ai-je la pensée d'une conspiration, au mieux indifférente à mon égard, ou confiante quelqu'en soit la manifestation ?


Ainsi, pour un artiste, lorsque je pose le pied sur la scène, lorsque j'expose mon tableau ou publie mes écrits, ai-je, en moi, la conviction d'un soutien inconditionnel ou au contraire d'un abandon possible - voire d'une trahison - à tout moment ?


Bien sûr la plupart diront que la nature n'est ni pour ni contre. Les tsunamis n'ont rien de personnel même s'ils fracassent des vies justement personnelles. Les orages, les sécheresses, les attaques des animaux entre eux ou envers un être humain... "cela est la nature, point barre !", dirons certains. Mais lorsque l'on parle d'indifférence, alors l'on parle encore de "contre". Car, moi qui apprécie tant la nuance, la subtilité et la complexité de toute compréhension, il est un endroit qui ne souffre aucune hésitation, aucun détour ni tricherie.


D'une force indifférente face soi, l'on se méfie. Comment être autrement que méfiant ? Si cette force n'a aucune conscience de moi ni aucune empathie, alors j'ai tout intérêt à me méfier. Et si, alors, je me méfie de l'Autre, je trouverai naturel que l'Autre aussi se méfie de moi. Nous voilà donc dans un système hostile.


La peur chasse l'amour...


À l'inverse, si la réalité est, selon moi, que le monde autour - et en moi - conspire "pour" la vie (dont je fais partie), alors ma cartographie aura toutes les chances de me faire vivre (et voir) que l'Autre et moi sommes bienveillants - de base.


Enfin, il convient de redéfinir la bienveillance, non pas selon un critère "chamallow" mais selon un véritable système intrinsèque qui n'empêche pas les déconvenues, les déceptions ou les oppositions, mais contient un postulat fondamental : "l'Autre ne me veut pas de mail ; il me veut donc du bien".


En y réfléchissant, cette simple question conditionne toute notre vie !


Car, qu'il s'agisse de nos domaines professionnels, sociaux ou intimes, cette interrogation donne un sens, et je dirais même une saveur particulière, à toute expérience qu'il m'est donné de vivre durant cette vie.


Je serais bien mal placée pour dire qu'une réponse vaut mieux qu'une autre. Je sais juste qu'elle conditionne à peu près toute une vie. Mais quelle couleur préférons-nous ?


L'hypnothérapeute en moi sait la valeur de toute mécanique au service d'une cause profonde.


Nous avons le talent, en notre mental, de discerner, c'est-à-dire de juger, séparer et donc opposer. Nous avons également, en notre coeur, celui d'unifier, c'est-à-dire faire "Un" et de communier.


Le Dalai Lama, interrogé sur l'amour, répondit un jour que c'était tout simplement "l'absence de jugement".


Or profondément, la question d'être allié ou ennemi implique nécessairement une autre question : celle de s'autoriser (ou non) ce qui nous est le plus joyeux, pour soi, à vivre.


La joie non pas comme un plaisir imperturbable mais comme la sensation la plus pleine d'être vivant - fusse traversé de tristesse, de colère ou de peur.


Ainsi, je me demande si notre plus grande révolution, au-delà des recherches sur d'autres intelligences dites artificielles, sur d'autres planètes ou d'autres systèmes sociaux-économiques et géo-politiques, ne serait pas celle de répondre, enfin, à cette question : une question qui ne peut recevoir de réponse que dans l'intime de chacun, mais qui, comme une graine semée, peut bien, en elle-même, bousculer tout un monde.


En cette période de juin, celle, en astrologie, du gémeaux, qui se relie à la planète Mercure (Hermès en grec, échos au mythe de la connaissance et de l'expérience), il nous est permis d'utiliser notre pensée au service de cet infini organisme que l'on nomme l'être vivant !


Sur scène, soudain, le regard changé, je réalisais un jour ne plus savoir qui de l'Autre ou de moins agit vraiment. Qui est qui...


Et un nouvel univers s'ouvrit !


Musicalement vôtre,


Hélène Tysman


Copyright @Lousarda





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