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CE QUE LA MUSIQUE M'A APPRIS...

Il est étonnant de constater la recherche frénétique et exclusive du bonheur en notre société qui n’a jamais autant consommé d’antidépresseurs.


La musicienne que je suis ne peut s’empêcher de prendre la partition comme métaphore pour réaliser que la musique est ce qui traverse les modes mineurs autant que majeurs, c’est-à-dire tout le spectre de nos sentiments.


Alors pourquoi aimons-nous le ressentir dans la musique mais pas dans nos vies ?


Parce qu’en musique, nous avons conscience qu’il s’agit d’une partition. Et non de ce que nous sommes fondamentalement.


Nous traversons les émotions, les sensations et même les histoires qu’elle nous inspire. Jamais nous ne considérons qu’une partition nous définit ou que nous nous arrêterions à un seul mode de résonance.


Shakespeare disait que le génie de la musique tenait dans le fait qu’elle parvenait à faire d’une harmonie triste un sentiment de joie et d’une harmonie joyeuse un sentiment de profondeur.


Au fond, la partition nous rappelle notre véritable quête, si tant est qu’il en eut une : non pas le bonheur mais le sentiment d’exister, d’être vivant. Ce que j’appelle la joie.


La joie n’est pas dénuée de tristesse ou de toute autre émotion. Elle est une indication que se sentir bien vivant, de reconnaître la vie en soi et d’en vivre la révélation.


Voudrions nous d’une musique uniquement dans une seule gamme ? Ou un tableau monochrome ?


Ce serait absurde !


Ce n’est donc pas tant notre chagrin ni même le sens que nous lui donnons qui nous submerge parfois à n’en plus savoir quoi faire. C’est notre relation à lui, l’idée que nous en entretenons. Logique que nous soyons mal habiles à traverser ces mouvements en nous comme nous traversons pourtant une musique, si d’emblée nous croirions négatifs certains états et positifs d’autres.


Christiane Singer parlait, elle, de notre société un peu folle où nous courons nous anesthésier dès que pointé une petite fièvre… n’ayant plus l’habitude de se laisser traverser par ces états qui semblent nous dépasser, nous échapper, non pas par résignation mais au contraire par connaissance de s’en remettre à plus grand, c’est-à-dire de maintenir la foi en Soi, véritablement.


Alors la musique, cette partition de tous les états, celle qui nous fait voyager et explorer nos univers sans que nous ayons si peur tandis que nous passons pourtant par tous les royaumes des émotions, cette musique nous rappelle que le rire et les larmes ne sont pas opposés, qu’ils sont comme le son du feu et celui de la pluie : étrangement similaires.


Seule un intervalle diffère. On l’appelle mineur ou majeur. Et notre cœur vibre…


Et si c’était cela véritablement que nous recherchions ? Non pas être heureux mais être vibrants ?


En cette lune d’avril, je vous souhaite la plénitude de votre être,

La joie de votre musique… la vôtre !


Hélène Tysman


photo extraite du making off de Etugen

film documentaire (Arnaud Riou & Maud Baignères) actuellement au cinéma

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