DU JOUR AU LENDEMAIN... rien n'a changé


J'entendis un jour de la bouche d'une personne témoignant d'une révélation dans sa vie cette phrase dotée de magie et de vérité : « du jour au lendemain... rien n'a changé ».


Cette personne parlait bien d'un tournant décisif, d'un dévoilement libérateur. Un avant et un après... Mais comme si cette vérité avait, au fond, toujours été là, elle montrait combien ce sont nos conditionnements qui nous font croire à autre chose et nous compliquent si terriblement ce que nous finissons par ne plus croire simple. Ensuite, la vie devient ce qu'elle a, en vérité, toujours été.


Car en-dessous de ces strates - à moins que ce ne soit au-dessus ? ou à l'intérieur ? est notre nature véritable.


Ce paradoxe si justement et joliment peint n'est-il pas celui qui habite toutes les cellules des êtres vivants que nous sommes ? Héraclite dit cela dans sa célèbre phrase : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». À laquelle j'ajoute qu'on ne joue (ni entend) jamais deux fois une même partition ! Notre regard (et nos oreilles) changent, alors le monde n'est plus le même...


Souvent, les êtres dit « éveillés » racontent combien, une fois passé le voile de l'illusion, à priori - et de l'extérieur - tout semble identique à la veille, mais intérieurement, plus rien n'est pareil...


Les véritables bouleversements ne sont-ils pas ces instants imperceptibles comme un soleil qui se lève ou qui se couche dans ce qu'appelle François Julien : « les transformations silencieuses » ? Impossible de saisir à quel instant vraiment le soleil a commencé son ascension ou sa descente.


Parfois nous nous sentons secoués, en plein tremblements de terre. D'autres fois, souvent les plus puissantes, les craquements agissent sous terre, dans les racines, viscéralement, à chaque goutte de pluie venue ébranler la surface.


En réalité c'est ce que nous sommes : des transformateurs en puissance. Des alchimistes en chemin ! Conscients ou inconscients mais puissants.



LA JOIE D'ÊTRE



Lorsqu’on choisit un métier ou une vocation, quels qu’ils soient, ce n’est pas seulement l’objet de cette activité qui nous permet de nous réaliser. C’est comment, à travers cette œuvre, l’on se dévoile, comment l'on dévoile ce que l’on veut voir du monde.


La musique, en ce qui me concerne, n’est qu’un prétexte !


Ma véritable passion est de ressentir et faire ressentir l’intensité de la joie. La joie d’être, celle d’exister au monde. Ici et maintenant. Car, en mon fort intérieur, voilà le sens - l'essentiel ! - d'une Vie...


La joie, bien sûr, telle que je l'entends, n'est pas une excitation passagère, une stimulation générant un rictus que l'on sait sur une bouche ravie. C'est, au-delà du plaisir, ce qui enveloppe toutes nos émotions, de la peur à l'amour, de la tristesse au bonheur, en nous permettant de nous sentir bien vivants et confiants de l'être. Car se sentir vivant, n'est-ce pas là notre besoin le plus fondamental ? Une fois comblé, la paix s'installe, naturellement. C'est tout cela que veut dire « joie » pour moi.


Finalement, nous avons suffisamment entendu le terme « essentiel » ces derniers temps pour nous rappeler à notre essence propre justement, au sens de ce qui nous rend vivant, chacun, singulièrement, cet endroit où se puise le sens de notre conscience et que l’on nomme si joliment « puits-sens ». À en avoir perdu le sens, de notre puissance, justement !



QUEL EST CETTE PÉPITE EN VOUS QUE VOUS AIMEZ PLUS QUE TOUT ?

C'est cela que vous êtes venu transmettre au monde, consciemment ou inconsciemment, avec défis ou avec amusement !



Je me rappelle la nageuse olympique, Laure Manaudou, racontant son peu d’intérêt pour la natation en elle-même et son presque dégoût pour la piscine. En revanche, là où ses yeux s’illuminaient, c'était la compétition, et même au-delà, la sensation de se dépasser elle-même. Frôler la vitesse de la lumière, le mur du son… Savoir qu’elle fut la première, qu’elle explosait les conteurs. On pourrait dire que cette adrénaline était sa véritable vocation : celle ressentie autant que celle transmise à ceux qui y assistaient.


Cette adrénaline, c’est un peu celle qui dit « c’est impossible… alors faisons-le ! », à la manière de mon ami Philippe Petit qui avait eu cette réflexion avant de poser son câble en haut des deux tours du World Trade Center et d’y traverser avec la grâce du funambule.


Nous nous sommes tant attachés à des étiquettes comme sources de vérité : celui-ci est un comptable, cet autre est un boulanger ou un docteur. Si bien que, comme le disait la merveilleuse Christiane Singer, lorsque l’on demande à un passant dans la rue ce qu’il est, celui-ci répond généralement, d’emblée, le nom de sa profession. Rien ne mal. Juste une habitude. Celle de penser que ses habits valent mieux que son corps, que ses actions sont plus légitimes que son être, que l’identité, cette photo placardée sur des cartes emplastiquées, nous dit qui nous sommes… Et je ne parle même pas de l'argent qui nous fait nous-même nous définir, en un éclair, comme « riche » ou « pauvre » dans ce glissement subtil d'une définition artificielle !


Alors nous croyons qu’il nous faudra monter un Himalaya pour accéder à la vraie pierre philosophale, cette « autre » vérité, guettée par les plus sages. Peu à peu, rassemblant nos conditionnements de « travailleurs », nous croyons alors que tout cela est bien compliqué…


Or la véritable complication, c’est d’avoir intégré des conditionnements qui n’étaient pas naturels ! De s’être forcé à croire que l’on est ce que l’on fait, que l’on ressemble à ce que l’on porte ! D'avoir cru à des étiquettes aussi fausses que celles posées sur nos bouteilles d'une eau qui en vérité n'a aucune marque et qui est, profondément, libre... libre d'informations. C’est suivre une référence extérieure en la faisant sienne jusqu’à ne plus savoir ce que l’on ressent, dans ses repères intérieurs. En bref, c'est cette distorsion qui est compliquée, oui. Or cela, nous l’avons déjà réalisé... Comme de grands virtuoses !


Revenir au simple m'a toujours paru la preuve du génie.


La réponse, plus elle est universelle, plus elle est limpide. Logique !


Ainsi, le véritable basculement, cet élan vers notre plus petit dénominateur commun en nous (et donc au monde), ce mouvement à peine perceptible, ce « rien », me fait penser à une goutte de pluie qui glisse sur le rebord d'une fenêtre jusqu’à retrouver la grande flaque en-dessous d'elle. Sans effort, mais entière.


Une note et nous voilà en pleine modulation...


Ce retournement est ce qui ne s’intéresse plus à l’objet perçu mais à CE qui perçoit l’objet. À travers cet infime petit pas, il est l’essentiel de toute une vie. Parce qu’il est l’accès à ce que chacun de nous, véritablement, est : l'origine - et non la destination. Grandiose !



NOUS SOMMES CELA.



Il y a beaucoup de strates bien sûr. C'est une immense polyphonie où chaque voix a son rôle et sa justesse. L’accessoire, le costume, le caractère du personnage, le rôle, le scénario, l’histoire, l’auteur, l’inspiration, l’idée…


Et tandis que nous croirions que rien ne se passe – à priori – tout un monde se trame, sur un autre plan. Voilà mon expérience lorsque j'accompagne des hommes ou des femmes en libérations émotionnelles, lorsque je médite ou reçois, moi-même, des soins.


À l’image d’un individu réalisant ce qu’il est vraiment, notre conscience collective, elle aussi, réalise, par grosses ruptures ou en fondus-enchaînés, que tout ce que nous prenions pour vrai, n’était qu’une histoire. Nous nous racontons une certaine interprétation !


En changer est aussi simple que d'ouvrir une fenêtre...



CRÉATEUR ET INTERPRÈTE !



Il y a, dans une fleur qui émerge, toute la splendeur de la vie en déploiement et tout l’effroi de cette activité gigantesque qui semble nous dépasser et qui va loin, si loin… infiniment !


Or ce n'est que le personnage en nous qui se sent dépassé. Car, pour chacune de nos milliards de cellules, porteuses de la plus haute intelligence - la Vie - , cela est bien naturel.


Se reliant à l'origine, la destination n'est qu'à un pas ! Elle est même ici et maintenant.


Et tandis que tout un monde se transforme, c'est la conscience qui voit. C'est un rideau qui s'ouvre... comme un sourire.


Nous n'avons jamais été autant invités à nous rappeler de notre vérité intérieure, de notre boussole profonde, tant le monde tangue de tous côtés, perdant des repères devenus obsolètes et assistant à l'effondrement de ce sur quoi il se raccrochait. Et nous n'avons jamais été aussi près (et prêts) de notre puissance absolue : celle qui nous rappelle que, peu importe l'action, l'objet, l'histoire... Nous créons ce que nous sommes déjà !


Cette lumière qui nous habite et que nous ne voyons pas toujours, parfois même dans un miroir ! ...cette lumière est celle qui surgit quand nous tournons la conscience vers son origine. Parfois en jouant de la musique, en l'écoutant, en façonnant du pain, en nageant ou surtout en ne faisant rien... rien d'autre que poser la trace de soi sur cette terre d'accueil.


Voilà ce qui m'émeut, plus que tout ! Ce qui me relie à la joie, éternellement libre. Et éternellement profonde, comme un millésime du fond des âges...


À l'horizon, il semble que, du jour au lendemain... rien n'a changé.


Plus fulgurant encore, plus clair et plus simple.


N'est-ce pas cela que l'on nomme « paix » ?


Je vous souhaite une rentrée de septembre intensément joyeuse !


Lumineuse ! Et le coeur débordant !


À vous,


Hélène


PS : merci infiniment pour vos retours et vos présences qui me sont toujours un bonheur à recevoir et à lire.



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